Envahi par les termites, que faire ?


Minuscules, ils n'en sont pas moins ravageurs. Les termites, petites bêtes à l'appétit insatiable, dévorent le bois au point parfois d'ébranler les fondations d'une construction. Avec plus de 6 millions de logements infestés, la guerre aux termites est déclarée.


Le termite est un insecte dit xylophage : il se nourrit de la cellulose contenue dans le bois. Cinq espèces cohabitent en France métropolitaine, dans les sols boisés. Mais les termites n'hésitent pas à coloniser les milieux urbanisés. Leur plan d'attaque est toujours le même : ces insectes pénètrent dans la maison via le sol et prennent possession des lieux en rongeant depuis l'intérieur les matériaux de construction. Parce qu'ils fuient la lumière, ils creusent de véritables galeries - parfois de plusieurs dizaines de mètres - dans les matériaux tendres comme le bois, le plastique, le polystyrène ou le plâtre. Leur taille (5 mm) ne laisse en rien présumer leur appétit d'ogre qui peut venir à bout de n'importe quelle habitation ! Ce qui fait de ces petites bêtes de redoutables ennemis des constructions.

Dégâts invisibles

Charpentes, plinthes, isolations, papiers, cartons... ils dévorent tout. Et, inutile de traquer la moindre trace de sciure de bois ou de trous qui criblent le bois, qui sont le fait d'autres petits insectes (capricornes et autres vrillettes). Avec les termites, rien n'est visible. Ils grignotent tout de l'intérieur et ne laissent que l'enveloppe externe intacte. Résultat, quand on se rend compte des dégâts, il est souvent déjà trop tard. Seules traces de leur passage : un bois qui sonne creux et peut céder sous la pression. Parfois, il se forme, à la surface des matériaux trop durs pour leurs mâchoires, des « stalactites » noirs et de petites galeries, les « cordonnets », composés de terre, de bois de salive et d'excréments. Conclusion, il faut être vigilant ! D'autant que le termite peut parfois se montrer fine bouche et préférer une nourriture plus lointaine à un bois à proximité mais jugé moins goûteux. Autrement dit, une maison pourra être attaquée à l'étage alors que son rez-de-chaussée, point d'entrée des termites, aura été relativement épargné.

La carte des termites

Leur caractère volontiers nomade font des termites un véritable fléau national : 56 départements sont infestés en France et plus de 10 arrondissements sont concernés à Paris. Cherchant chaleur et humidité, les termites apprécient particulièrement le Sud-ouest, les zones bordant le Rhône, la Garonne, la Loire et l'Ile de France. Au total, 25 millions de personnes et 6 millions de logements seraient concernés. Votre habitation est-elle dans une zone à risque ? Pour le savoir, renseignez-vous auprès de votre mairie ou de votre préfecture. Vous pouvez également consulter le site de FCBA (ex CTBA1).

En prévention
Le tout est d'éviter de leur fournir le gîte et le couvert. Pour cela :

Limiter l'humidité des murs et la présence de points d'eau à proximité de la maison (ventilation bouchées, fuites, infiltrations...)

Eviter toute accumulation de bois de chauffage, papiers et cartons aux abords et dans les logements.



A savoir : toute construction neuve située dans une zone contaminée (qui fait donc l'objet d'un arrêté préfectoral), doit être conçue et construite de façon à résister à l'attaque des termites (utilisation de bois traités et système de protection à l'interface sol/bâti). En cas d'infestation
Des termites ont élu domicile chez vous ? Premier réflexe, prévenez la mairie. Cette déclaration est obligatoire. Il existe différentes armes pour éradiquer ces intrus, notamment les pièges appâts et la barrière physico-chimique. Chacune ayant ses avantages et inconvénients, le choix s'effectuera selon vos priorités (champ d'action, durée du traitement...). Retenez que l'utilisation et la mise en place des procédés de lutte contre les termites nécessitent la compétence de spécialistes. Un conseil : faites appel aux entreprises titulaires d'une certification délivrée par FCBA ou d'une qualification délivrée par Qualibat2. Ce qui présente deux avantages : s'assurer de l'efficacité de leurs actions, et surtout de bénéficier des aides financières (cf. encadré). Un coup de pouce non négligeable quand il faut compter entre 2500 et 3500 € pour en finir avec ces gloutons.

Vous souhaitez vendre votre maison située sur une zone infestée ? Sachez que vous devez annexer un état parasitaire au contrat de vente. Grande nouveauté à partir du 1er novembre 2007 : celui-ci doit avoir moins de 6 mois et être réalisé par un professionnel habilité (OPI : opérateur en diagnostic immobilier). L'intérêt : le propriétaire de la maison contaminée se voit ainsi exonéré – sur ce point – de la garantie pour vice caché.



Des aides financières

Se débarrasser des termites coûte cher. Heureusement, il existe des aides financières pour lutter contre ce fléau. D'abord, tous travaux préventifs ou curatifs, s'ils sont réalisés par une entreprise agréée, bénéficient d'avantages fiscaux : TVA réduite à 5,5% et abattement fiscal jusqu'à 20% du montant des travaux. On peut y associer une subvention de l'Agence nationale pour l'amélioration de l'habitat3 (ANAH). Non négligeable, ce coup de pouce s'élève au minimum 15% et peut atteindre jusqu'à 70% des travaux ! Seul bémol, la subvention est soumise à des conditions contraignantes : logement de plus de 15 ans, destiné à la location pour 10 ans minimum, ou soumis aux conditions de ressources du propriétaire occupant, etc.



(1) Site du CTBA (Centre technique du bois et de l'ameublement) dédié aux termites : www.termite.com.fr. Depuis le 1er juin 2007, le CTBA est devenu l'Institut Technologique FCBA (Forêt Cellulose Bois-construction Ameublement).
(2) Qualibat (organisme de qualification et de certification des entreprises du bâtiment) : www.qualibat.com
(3) Site de l'ANAH : www.anah.fr

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