Lutte contre le saturnisme
Plus qu'une maladie environnementale, le saturnisme est une maladie sociale qui puise ses racines dans les logements vétustes et mal entretenus. Avec comme premières victimes, les enfants.
Logement, alimentation, air, eau... le plomb est présent partout dans notre quotidien. Pourtant, dépassé un certain seuil dans l'organisme, ce métal est toxique et peut conduire au saturnisme, une maladie aux conséquences neurologiques graves.
L'intoxication au plomb constitue un vrai problème de santé publique. Ses principales victimes : les enfants. En France, ils seraient plus de 84.000, entre 1 et 6 ans, à être touchés. Comment ? En inhalant ou en ingérant le plus souvent, de la peinture au plomb présente sur les murs. Explications.
Première cause : les immeubles vétustes
Les immeubles construits avant 1948 – date d'interdiction de la peinture au plomb dans l'habitat – constituent la principale source de contamination. La peinture à base de céruse toxique subsiste dans certaines de ces habitations. Encore en 2002, pas moins de 75% des murs parisiens abritaient de la peinture toxique ! Masquée par des couches de peinture récente et donc inoffensive, la peinture au plomb ne présente aucun danger. C'est souvent à la suite de travaux, ou d'un défaut d'entretien (humidité...), qu'elle refait surface sous forme de poussières et d'écailles toxiques. Et se révèle alors particulièrement dangereuse pour les enfants et leur fâcheuse tendance à porter tout ce qu'ils trouvent à la bouche...
Le constat de risque d'exposition au plomb
Pour lutter plus efficacement contre cette maladie, la réglementation a été renforcée depuis 2004. Toute vente de logements anciens (construits avant 1948) doit être accompagnée d'un constat de risque d'exposition au plomb (CREP), établi par un professionnel dûment certifié. Cette obligation sera étendue à la location, dès août 2008. A cette même date, un CREP devra avoir été réalisé pour les parties communes d'une habitation. Pour l'instant, il n'est obligatoire qu'en cas de travaux à risques, c'est-à-dire susceptibles de dégager des poussières toxiques.
Si le constat met en évidence la présence de plomb, ou si un cas de saturnisme est déclaré (la DDASS doit être prévenue), le propriétaire est tenu d'exécuter, à sa charge, les travaux nécessaires, et ce, dans les plus brefs délais. En attendant, les occupants doivent être relogés.
Autant de mesures qui devraient améliorer le dépistage et faire baisser, à terme, le nombre de cas de saturnisme en France.
Traquer les facteurs de risque au quotidien
Dans la maison :
Luttez contre l'humidité qui favorise la dégradation des peintures en aérant régulièrement le logement, et en chauffant suffisamment en période hivernale.
Limitez la moquette dans les pièces où l'enfant joue, car elle emprisonne la poussière.
Surveillez l'état des peintures.
Nettoyez régulièrement à l'aide d'une serpillère humide sols, balcons, terrasses et rebords de fenêtres. Ils contiennent souvent des plaques de plomb qui assurent leur étanchéité.
Utilisez préférentiellement de l'eau en bouteille (notamment pour les biberons) si les canalisations d'eau sont en plomb. Un conseil : avant de boire de l'eau qui a stagné dans les tuyaux, laissez-la s'écouler un moment ; ou mieux profitez-en pour prendre une douche ou faire la vaisselle pour ne pas la gaspiller.
Evitez d'utiliser des cosmétiques traditionnels qui peuvent contenir du plomb (khôl...)
Ne consommez pas les légumes et fruits du jardin, si le sol est chargé en plomb.
Pour l'enfant :
Surveillez les enfants pour les empêcher de ramasser des poussières, gratter les murs ...
Coupez-lui les ongles courts.
Lavez-lui les mains régulièrement.
Veillez à son alimentation : l'intoxication est aggravée par le manque de fer et de calcium.
Veillez à ce qu'il prenne des repas réguliers. A jeun, l'organisme absorbe plus aisément le plomb.
Lavez fréquemment ses jouets (normes CE uniquement).
Ne le laissez pas manipuler des objets en plomb (figurines en plomb, vieux jouets peints...)
Du plomb dans l'eau
Il n'y a pas que les immeubles vétustes qui abritent du plomb, mais aussi... l'eau du robinet. En effet, jusqu'en 1995, ce métal entrait dans la composition des canalisations. Or, quand l'eau stagne dans les tuyaux, elle se charge progressivement en plomb et devient toxique. Depuis une vingtaine d'année, à coups de mesures restrictives et de contrôles sanitaires, l'eau est aujourd'hui de qualité. Avec l'objectif d'atteindre une concentration en plomb de10 µg/L pour 2013. A savoir : c'est le propriétaire qui est responsable de la conformité des canalisations d'eau située à l'intérieur de son logement. A l'extérieur, la qualité de l'eau est garantie par la société de distribution.
Pour en savoir plus :
Consulter le site du ministère de la santé, le site du ministère du logement et le site de l'INVS. Il existe aussi le site de l'association des familles victimes du saturnisme.









