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Pollution intérieure, l'état des recherches...
Et si l'air était plus pollué dans nos maisons qu'à l'air libre ? On pourrait le penser au vu de la première enquête nationale sur la qualité de l'air qui a recensé pas moins de 30 polluants dans nos logements. Et quand on sait que l'on passe 90% de son temps dans un endroit clos, il y a de quoi frémir.
En ces temps de Grenelle de l'environnement, la pollution de l'air est au centre de toutes les inquiétudes. Mais qu'en est-il de la qualité de l'air intérieur, celui qui règne dans nos propres maisons ? Il serait, lui aussi, nuisible pour la santé1, tant nos intérieurs recèlent de substances polluantes. C'est la conclusion d'une grande enquête nationale menée sur la période 2003-2005 dans les logements par l'Observatoire de la qualité de l'air intérieur2. Une première en la matière. L'étude pointe une trentaine de polluants « maison ». Qui sont-ils ? D'où viennent-ils ? Et surtout, comment les éradiquer ?
Des polluants « maison »
On aurait pu naïvement croire que nos maisons nous protégeaient de la pollution. Loin de là. Non seulement, elles renferment les polluants venus de l'air extérieur (on les retrouve parfois dans des concentrations plus importantes qu'à l'extérieur). Mais aussi, ceux qui sont produits directement à l'intérieur de nos habitations. En effet, celles-ci hébergent de nombreux polluants « maison » dont l'origine et la nature sont très diverses. Des exemples ? On retrouve du monoxyde de carbone et du gaz carbonique libérés par un mauvais entretien des appareils de chauffage ; des polluants externes et des poussières dans les systèmes de ventilation ; des allergènes et des biocontaminants transportés par les animaux domestiques ; ou encore du pollen et des pesticides sur les plantes. Et la liste est longue. Le polluant, selon sa nature, sa concentration et la durée d'exposition, peut s'avérer dangereux pour la santé en provoquant de l'asthme, des rhinites ou encore des allergies. L'étude de l'OQAI montre que près de 10% des logements abritent plusieurs toxiques à de fortes concentrations.
Un exemple : le formaldéhyde
L'ennemi public n°1 dans nos maisons : le formaldéhyde. On retrouve ce gaz dans toutes les pièces. Pis, dans 80% des logements, il se trouve à des concentrations 5 à 50 fois plus élevées qu'à l'extérieur ! Or, sa toxicité est connue : l'OMS l'a classé en 2004 parmi les cancérigènes avérés. Où le trouve-t-on ? Meubles en agglomérés, papiers peints, bougies, moquettes, tapis, produits d'entretien, colles, vernis-laques, cosmétiques... Mais la source principale reste de loin la fumée de tabac. La valeur limite de formaldéhyde recommandée par l'OMS (0,12 mg/m3) est atteinte dans un local de 30 m3, par seulement deux cigarettes fumées ! Et, il suffit d'une exposition prolongée à de petites concentrations pour provoquer des irritations du nez, des yeux ou de la gorge.
Comment mieux respirer ?
Abstenez-vous de fumer chez vous. Le tabac est la première source de pollution dans l'habitat. A savoir : plus de 3000 substances ont été identifiées dans la fumée d'une cigarette !
Combattez l'humidité dans votre maison. Non seulement, parce qu'elle abîme les meubles et les revêtements laissant ainsi se dégager les gaz toxiques qu'ils renfermaient. Mais aussi, parce qu'elle favorise l'apparition de moisissures, à l'origine d'asthme et d'allergies respiratoires.
Vérifiez que vos produits d'entretien courant ne contiennent pas de substances toxiques. L'idéal : des produits et matériaux portant l'estampille NF Environnement (Ecolabel français) qui ne contiennent que des doses limitées de solvants et aucune substance dangereuse.
Evitez les meubles en bois aggloméré. Le cas échéant, optez pour ceux qui sont recouverts d'un film plastique stratifié qui empêche la libération du formaldéhyde.
Ne laissez pas tourner le moteur de votre voiture dans votre garage. La combustion des carburants provoque l'émission de benzène et de toluène, de dangereux toxiques.
Lavez régulièrement vos rideaux qui « captent puis relâchent » des poussières toxiques. Car même si l'on ne sent plus rien, des contaminants peuvent subsister dans l'air et les tissus.
Pour réduire le risque d'intoxication au CO, assurez-vous du bon fonctionnement de votre cheminée par un professionnel (cf. dossier).
Limitez les milieux favorables aux acariens (moquettes épaisses, doubles rideaux,...) et aux blattes (désinfection des poubelles...)
Enfin, ventilez le plus souvent et le plus longtemps possible ! Et ce, même en cas de pic de pollution.
(1) Suite à l'étude de l'OQAI, l'Inserm a établi dans une étude le lien entre la pollution de l'air des logements et l'asthme et la rhinite.
(2) Site de l'OQAI : www.air-interieur.org
Une pollution difficile à mesurer
A l'heure actuelle, il n'existe pas d'indice de qualité d'air permettant d'évaluer précisément la pollution intérieure. Entre autres, parce que le nombre de polluants qui règnent dans les habitations est très conséquent. L'OQAI planche sur la question pour mettre en place cet outil début 2008, comme le souhaite la secrétaire d'Etat à l'Ecologie, Nathalie Kosciusko-Morizet, qui veut renforcer la surveillance et la réglementation dans ce domaine. A ce jour, il existe qu'un indice sur les moisissures. Selon l'enquête, sur les 42% de logements contaminés par des moisissures, 73% d'entre eux ne présentent aucune trace visible de champignon. Ce qui vient bien confirmer l'intérêt de ce type d'instrument de mesure...









