Maison à 15 euros : les fondations sont lancées
La maison à 15 euros, chère à Christine Boutin, sort de terre. Et soulève déjà des critiques, reprises dans la presse…
« Lancée mardi dernier par la ministre du Logement, la maison à 15 euros va faire son entrée dans le paysage immobilier français », annonce le quotidien Les Échos, qui donne tous les détails pratiques pour pouvoir en profiter. Le principe ? « Devenir propriétaire d’une maison d’au moins 85m2, sur un terrain d’au moins 250 m2 pour 15 euros par jour ou 450 euros par mois », rappelle le Moniteur. Très attendu, ce dispositif s’adresse tout particulièrement aux ménages modestes, « dont les revenus sont compris entre 1500 et 2000 euros mensuels », précise le Figaro. Qui ajoute que « le ministère du Logement vise un objectif de 5000 logements en 2008 et de 20.000 par an ensuite, un pari plus modeste que le dispositif Borloo des maisons à 100.000 euros qui prévoyait dès le lancement 20.000 constructions par an ».
Un prêt sur 40 ans ?
A peine lancée, la maison à 15 euros suscite déjà des critiques du côté de certaines associations. Le directeur de la Fédération nationale des sociétés coopératives d'HLM, s’inquiète dans le Figaro de l’allongement des crédits. Selon lui, « la durée du prêt sur les murs est d'environ 20 ans. Mais au bout de ces vingt ans, il faut ensuite acquérir le terrain. Ce qui porte la durée totale du prêt à 40 ans, alors que les prêts déjà existants sont en moyenne de 25-30 ans, selon les simulations dont on dispose aujourd'hui ».
Le phénomène de l’étalement urbain
Philippe Vignaud, architecte-urbaniste, estime quant à lui, dans Le Moniteur, que le dispositif est en « contradiction avec le Grenelle de l’Environnement qui prône [une] ville compacte ». Ces maisons, explique-t-il, sont construites « par principe économique sur des terrains peu chers, donc fort éloignés des villes ». Sa conclusion : « leur implantation périphérique concoure largement à l’extension des zones urbanisées avec sa cohorte de gaspillages ». Le Monde, qui a consacré un article à l’étalement urbain, note qu’en France, « l'extension de ces surfaces a ainsi atteint 6900 km2 entre 1992 et 2004, soit une augmentation de 20%, alors que la population ne croissait, dans le même temps, que de 6%. « Écosystèmes parcellisés », « sols imperméabilisés (par du béton, du bitume) », « augmentation des transports » sont autant de conséquences de l’étalement urbain.
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